15 % des personnes qui se disent « végétariennes » consomment en réalité du poisson. Difficile de s’y retrouver entre les étiquettes, les convictions et les habitudes alimentaires qui ne collent pas toujours aux définitions officielles. Le débat est loin d’être anecdotique : le mot choisi façonne la perception de son alimentation, et, parfois, celle des autres.
Dans le langage courant, on entend souvent parler de « végétariens » qui acceptent le poisson, mais ce raccourci ne tient pas face à la rigueur des définitions. Les nutritionnistes, eux, parlent sans détour de « pescétarisme » lorsqu’il s’agit d’un régime excluant viande rouge et volaille mais conservant poissons et fruits de mer. Cette nuance n’a rien de gadget : elle éclaire la diversité des pratiques alimentaires et évite de tout mêler sous une même bannière.
Végétarien qui mange du poisson : quel est le vrai terme ?
Faire le tri dans le vocabulaire, c’est déjà éviter bien des malentendus. Utiliser le terme « végétarien » pour une personne qui consomme du poisson relève d’une approximation. Selon la littérature scientifique comme les diététiciens, celui ou celle qui intègre le poisson dans son alimentation sans autre chair animale est appelé « pescétarien ». On parle aussi parfois de pesco-végétarien, mais l’usage est plus rare. Ici, toute la viande issue d’animaux terrestres (bœuf, porc, volaille…) est exclue, alors que les produits de la mer restent à la carte.
Un pescétarien compose donc ses repas autour de végétaux, céréales, œufs, produits laitiers, poissons et fruits de mer. La viande, elle, reste au placard. Ce choix reflète souvent une volonté d’équilibre : respecter davantage la cause animale, bénéficier des atouts nutritionnels du poisson, sans pour autant s’enfermer dans un régime plus strict.
La différence n’est pas qu’affaire de mots. Le végétarisme pur met un point d’honneur à bannir toute chair animale, y compris celle des poissons. D’où l’utilité de préciser les termes, notamment pour éviter les quiproquos sur les menus ou lors d’invitations.
Voici un aperçu des principales appellations pour s’y retrouver :
- Végétarien : exclut toute viande et tout poisson, tout en pouvant intégrer les œufs et/ou les produits laitiers.
- Pescétarien : ne consomme pas de viande, mais inclut poissons et fruits de mer dans son alimentation.
- Pesco-végétarien : synonyme de pescétarien, même si l’expression reste moins répandue.
Employer le mot « pescétarisme » permet donc de nommer avec précision un régime souvent confondu avec d’autres. Ce n’est pas un détail : bien nommer son choix, c’est aussi mieux le comprendre et l’assumer.
Pescétarisme, végétarisme, flexitarisme : comprendre les différences
Discerner les distinctions entre pescétarisme, végétarisme et flexitarisme apporte une vision plus claire des pratiques alimentaires actuelles. Chacune repose sur ses propres principes, parfois mal connus ou mal interprétés.
Le végétarisme, dans sa version la plus classique, exclut strictement toute viande, poisson et fruits de mer. Selon les variantes, certains végétariens consomment des œufs et/ou des produits laitiers : on parle alors de lacto-ovo-végétarisme. Les déclinaisons existent : un lacto-végétarien élimine les œufs mais garde le lait, un ovo-végétarien fait l’inverse. Quant au végétalisme (ou régime vegan), il va plus loin en bannissant tout aliment d’origine animale, y compris le miel.
Le pescétarisme, de son côté, se distingue en réintégrant les poissons et les fruits de mer, tout en maintenant l’exclusion de la viande. Le pescétarien peut aussi consommer des produits laitiers et des œufs. Cette approche séduit ceux qui souhaitent réduire leur empreinte animale sans se priver des apports spécifiques des produits de la mer.
Quant au flexitarisme, il rencontre un vrai succès. Il n’impose aucune exclusion formelle, mais encourage à manger moins de viande et de poisson, sans s’y interdire complètement. Le flexitarien ajuste son alimentation selon ses priorités : un peu de liberté, beaucoup de modération.
Pour mieux visualiser, voici un tableau comparatif :
| Régime | Viande | Poisson | Produits laitiers & œufs |
|---|---|---|---|
| Végétarien | Non | Non | Oui (parfois) |
| Pescétarien | Non | Oui | Oui (souvent) |
| Flexitarien | Parfois | Parfois | Oui |
Finalement, ces régimes affichent une variété qui reflète la diversité des sensibilités : santé, éthique, écologie, ou simple goût du changement.
Les bienfaits du régime pescétarien pour la santé et l’environnement
Opter pour le pescétarisme, c’est faire le choix d’une alimentation diversifiée tout en profitant d’un vrai soutien nutritionnel. Les poissons et fruits de mer apportent des protéines d’excellente qualité, mais aussi des oméga-3, de la vitamine D, de l’iode, du sélénium, du phosphore et du zinc. Ces nutriments jouent un rôle clé : ils soutiennent le cœur, le cerveau et renforcent les défenses immunitaires.
Les atouts du poisson ne s’arrêtent pas là. Grâce à leur faible teneur en gras saturés et en cholestérol, ils contribuent à une meilleure santé cardiovasculaire. Des études montrent que le pescétarisme pourrait réduire le risque de cancer colorectal, de diabète de type 2, et limiter la prise de poids. Les poissons gras, riches en oméga-3 à longue chaîne, participent à une meilleure prévention des maladies du cœur.
Côté environnement, le pescétarisme s’éloigne nettement de l’impact généré par la viande. Réduire la part d’animaux terrestres dans l’assiette, c’est limiter l’émission de gaz à effet de serre, la pollution des ressources en eau et la pression sur les terres agricoles. Selon l’Environmental Working Group, le poisson est loin derrière la viande rouge en termes d’empreinte carbone. Reste à choisir des espèces issues de la pêche durable pour que cet atout environnemental soit complet.
Pour résumer les principaux atouts du pescétarisme :
- Apports en protéines, oméga-3 et nutriments essentiels
- Moins de risques de maladies chroniques et cardiovasculaires
- Empreinte écologique réduite par rapport à une alimentation carnée
Risques potentiels et conseils pour adopter le pescétarisme sereinement
Se tourner vers le pescétarisme implique quelques précautions. Les poissons, en particulier certaines espèces, peuvent accumuler des polluants comme le mercure ou les PCB. Thon, espadon, requin : ces grands prédateurs affichent souvent des concentrations plus élevées, ce qui n’est pas anodin, surtout pour les enfants ou les femmes enceintes. Privilégier des espèces moins contaminées, sardine, maquereau, hareng, limite ce risque et garantit aussi un bon apport en oméga-3.
La diversité reste la clef d’un régime pescétarien équilibré. Alterner les espèces, intégrer fruits de mer, produits laitiers et œufs, c’est s’assurer d’éviter les carences en vitamines ou minéraux. Pour les sportifs, ce régime combine protéines complètes et acides aminés essentiels, favorisant la récupération musculaire.
Le prix du poisson, parfois élevé, peut freiner certaines envies. S’orienter vers des produits labellisés (comme le label MSC), la pêche locale ou l’aquaculture responsable permet de soutenir une démarche cohérente, tant sur le plan santé qu’environnemental. Les enfants aussi peuvent s’y retrouver, à condition d’un suivi médical adapté pour surveiller notamment le fer ou la vitamine B12.
Voici les points à surveiller pour profiter sereinement du pescétarisme :
- Privilégier les petits poissons et limiter la consommation de grands prédateurs
- Varier les espèces et respecter la saisonnalité
- Se renseigner sur l’origine et le mode de pêche
Le pescétarisme, c’est l’histoire d’une transition, celle d’un rapport à l’alimentation qui cherche à conjuguer plaisir, santé et respect du vivant. À chacun d’en tracer les contours, au fil de ses convictions et de ses découvertes.

