Un tiers des adultes européens déclarent ressentir une baisse d’anxiété après avoir cuisiné un repas fait maison, selon une étude menée en 2022 par l’EFSA. Pourtant, la préparation de plats quotidiens figure parmi les activités considérées comme les plus chronophages dans les enquêtes sur la gestion du temps.
Certaines pratiques culinaires, comme le batch cooking, sont associées à une amélioration du bien-être et à une réduction significative du stress ressenti lors des périodes de forte charge mentale. Les recommandations des professionnels de santé mentale intègrent désormais la cuisine à la liste des stratégies de gestion du stress.
Pourquoi la cuisine apaise l’esprit : comprendre le lien entre activité culinaire et bien-être mental
Prendre le temps de saisir un couteau, d’émincer un oignon, de sentir un bouillon mijoter : chaque étape ramène à l’instant présent. Préparer un repas, c’est s’offrir une pause qui déconnecte des sollicitations et des pensées parasites. Les neurosciences confirment : cuisiner sollicite les zones du cerveau liées au plaisir, à la mémoire, à la créativité. L’attention se concentre sur la tâche, reléguant l’agitation mentale au second plan.
À mesure que l’on observe la texture d’une pâte ou que l’on surveille la cuisson d’un risotto, la pleine conscience s’invite naturellement. Les gestes répétés, la dégustation, l’ajustement des saveurs forcent à ralentir. Les psychologues y voient une forme de thérapie par l’action. Créer un plat, même simple, renforce la confiance en soi et génère un sentiment d’accomplissement tangible.
La dimension sociale n’est pas à négliger. Recevoir autour d’une table ou partager une recette, c’est cultiver la convivialité et renforcer des liens. Un repas maison devient alors un support d’échange et de sérénité. Loin d’une tâche imposée, la cuisine s’affirme comme un espace de liberté, propice à l’équilibre intérieur.
Stress, anxiété : la cuisine peut-elle vraiment faire la différence ?
Dans la tempête du quotidien, la cuisine fait figure de refuge concret. Les thérapeutes en approche cognitive et comportementale l’observent : manipuler, doser, transformer des ingrédients ancre dans la réalité et éloigne du flux numérique et des tensions émotionnelles. Aujourd’hui, la thérapie culinaire trouve sa place jusque dans les consultations de télésanté en complément des outils plus classiques.
L’université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, a mené en 2022 une étude révélatrice : cuisiner régulièrement va de pair avec une meilleure humeur, une gestion plus sereine du stress et un sentiment accru de bien-être. Le temps passé à cuisiner agit comme une parenthèse, un moment actif où l’on se reconnecte à soi-même.
Pour intégrer plus facilement la cuisine bien-être au quotidien, il est utile de s’appuyer sur quelques habitudes simples. Qu’il s’agisse de préparer un plat en musique, de modeler une pâte à la main ou de cuisiner en famille, ces rituels facilitent le retour au calme. Voici des pistes concrètes à tester :
- Planifier une séance cuisine chaque semaine, en solo ou à plusieurs, pour installer un rythme régulier.
- S’orienter vers des recettes simples, qui privilégient le plaisir plutôt que la performance.
- Laisser place à l’improvisation et accepter les essais : la créativité l’emporte sur la recherche du plat parfait.
Ce sont ces gestes répétés, associés à la préparation des repas, qui structurent le quotidien et favorisent l’apaisement. Un socle rassurant, dans lequel puiser pour traverser les périodes mouvementées.
Batch cooking et organisation : des alliés pour alléger la charge mentale au quotidien
Le batch cooking s’impose peu à peu comme une stratégie efficace pour alléger la charge mentale ressentie dans de nombreux foyers. Le principe est simple : réserver quelques heures à la préparation des repas de la semaine en une seule fois. Ce temps dédié transforme la contrainte du « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » en une séquence maîtrisée, rassurante et presque ludique.
Les bénéfices sont immédiats : moins d’angoisse au moment du dîner, des soirées plus fluides, une meilleure anticipation des besoins. La planification limite les achats inutiles et réduit le gaspillage alimentaire. D’après une étude de l’INRAE (2021), préparer ses repas à l’avance dans des contenants hermétiques permettrait de diviser par deux la quantité de nourriture jetée chaque semaine.
Voici quelques conseils pour une organisation efficace lors du batch cooking :
- Élaborer une liste de courses réfléchie, optimisée pour utiliser les mêmes ingrédients dans plusieurs recettes.
- Choisir des bases polyvalentes : une sauce tomate maison, des légumes rôtis, un riz parfumé, à décliner selon l’inspiration.
- S’équiper de contenants adaptés pour conserver et organiser les plats en toute simplicité.
En structurant la préparation des repas, on gagne en tranquillité d’esprit. Loin de l’improvisation ou des courses de dernière minute, chaque plat devient accessible, chaque repas s’inscrit dans une routine qui apaise. Près d’un foyer français sur trois a déjà adopté cette méthode, selon Kantar. Résultat : moins de tensions et une relation plus détendue avec la cuisine du quotidien.
Des habitudes culinaires simples pour cultiver la sérénité chez soi
Opter pour des recettes accessibles, des menus organisés et quelques gestes réguliers suffit à installer une atmosphère apaisante dans la cuisine. Préparer soi-même ses plats, même rapides, c’est s’offrir un point d’ancrage réconfortant. En misant sur des produits bruts, des légumes de saison et en variant les ingrédients, la routine s’installe sans jamais devenir lassante : velouté de courge en début de semaine, poêlée de légumes racines en milieu de semaine, salade de pois chiches pour finir en fraîcheur.
Le fait-maison prend le pas sur les aliments ultra-transformés. Composer une soupe, improviser une sauce tomate minute, cuire un riz parfumé ou faire revenir quelques légumes croquants : autant d’étapes qui coupent court à la dispersion mentale. Ces gestes, réalisés et répétés, canalisent l’attention. La préparation quotidienne des repas devient alors une pratique bénéfique pour l’équilibre mental.
Pour structurer ces habitudes, voici quelques repères utiles :
- Organiser les menus de la semaine pour éviter les courses impulsives.
- Composer des assiettes équilibrées en variant légumes, céréales, légumineuses, fruits.
- Limiter le gaspillage en accommodant les restes et en ajustant les quantités.
La simplicité de ces gestes ramène le plaisir du fait-maison à portée de main. Un plat, une odeur, la satisfaction d’avoir concocté soi-même son repas : cultiver la sérénité, c’est parfois aussi simple que de savourer la première bouchée d’un plat du jour.


